PUBBLICITÀ
HomeVarie«NAPOLI, CAMORRA INARRESTABILE»Visto dagli altri. Le Figaro sull'emergenza criminalità

«NAPOLI, CAMORRA INARRESTABILE»
Visto dagli altri. Le Figaro sull’emergenza criminalità

PUBBLICITÀ


NAPOLI. La camorra non rispetta neanche l’epifania, una festa molto
osservata dagli italiani. Edoardo Bove, 28 anni, nuovo boss
di Forcella, è stato ucciso ieri nella sua casa protetta da
porte blindate. Non sospettava che l’amico a cui stava
aprendo la porta fosse legato a Vincenzo Mazzarella, il
boss arrestato lo scorso 17 dicembre che Bove aveva
tradito. A Napoli la guerra tra clan ha fatto 134 morti nel
2004, e già quattro nel nuovo anno, uno dei quali proprio
nel giorno in cui il presidente della repubblica Carlo
Azeglio Ciampi si era recato in città per esortare i
napoletani a “estirpare il cancro della camorra”.

Le Figaro, Francia [in francese]


PUBBLICITÀ

ITALIE

La Camorra se déchaîne à Naples



Rome : de notre correspondant Richard Heuzé

[07 janvier 2005]






La Camorra napolitaine ne respecte pas l’épiphanie, cette fête religieuse pourtant vénérée en Italie. Edoardo Bove, 28 ans, nouveau boss de la Forcella, le quartier mal famé du centre de Naples, derrière la gare, a été abattu à l’intérieur de son domicile défendu par des portes blindées. Il avait ouvert à un ami. Sans se douter que celui-ci était lié au boss Vincenzo Mazzarella, arrêté le 17 décembre au Disneyland de Paris, et que Bove avait trahi.

La guerre des clans avait fait 134 morts à Naples l’an dernier. Et déjà quatre depuis le début de l’année. Dont un le jour même où le président de la République Carlo Azeglio Ciampi, visitant mardi le quartier Scampia, l’un des plus dégradés de Naples, invitait les Napolitains honnêtes à ne pas se laisser intimider et à collaborer avec les autorités pour «extirper le cancer de la Camorra». Rues désertes à son passage. Les habitants du quartier, au nombre de 80 000, avaient jugé plus prudents de suivre les consignes des gangs.

C’est devant quatre-vingts petits écoliers que le chef de l’État a lancé son message d’espoir et de courage, dans une paroisse locale aux allures de fortin assiégé : «Naples parviendra à sortir de ce tunnel. Sa population comprend les efforts faits par les forces de l’ordre avec dévouement et grand sens des responsabilités», a-t-il lancé.

Comme souvent dans l’histoire de la sanguinaire Camorra, la guerre fait rage quand certains clans cherchent à prendre le dessus sur d’autres. L’arrestation des derniers grands parrains, au début des années 2000, a modifié les équilibres. Des groupes criminels émergents cherchent à prendre le dessus. Le conflit principal oppose le boss de Scampia Paolo Di Lauro, surnommé «Ciruzzo le millionnaire», un criminel ayant des intérêts dans toute l’Europe, en particulier en France et en Slovénie, au clan des «dissidents».

Les grands chefs ont tous émigré à l’étranger, en attendant que les eaux se calment. Leurs lieutenants s’entre-déchirent. Racket, prostitution et trafic de stupéfiants constituent l’enjeu de cette bagarre. La drogue rapporte cent mille euros par jour aux clans. Un chef de «secteur» gagne de cinq à dix mille euros par semaine, une «sentinelle» entre 500 et 1 000 euros. Un tueur à gages perçoit dix à vingt mille euros par homicide. Tels sont les tarifs en vigueur dans ce monde qui a ses règles, sa hiérarchie et ses secteurs d’influence. Tout empiétement de «frontière» se traduit par de sanglantes fusillades, parfois même au milieu de la foule, sans égard pour les passants : ainsi l’an dernier, une adolescente de la Forcella élue reine de beauté du quartier avait été tuée en pleine rue quand le fils d’un boss local avait fait rempart de son corps en la tirant par les cheveux pour se protéger des tirs d’une bande rivale. «Depuis le début de la guerre dans ce quartier, les habitants de la Forcella sont livrés à eux mêmes», déplore Don Luigi Merola, le curé de la paroisse.



Le Figaro – 7 gennaio 2005

PUBBLICITÀ
PUBBLICITÀ